Faut-il payer un abonnement IA pour chaque salarié ?
Non, sauf pour ceux qui s’en servent tous les jours. Un abonnement par salarié se paie douze mois sur douze, qu’il serve chaque matin ou trois fois dans l’année.
Avant d’ajouter une dépense, regardez ce que vous payez déjà. Microsoft et Google, les deux abonnements les plus répandus pour la messagerie et les documents, ont ajouté l’IA en dix-huit mois et augmenté leurs prix. Vous payez peut-être une IA sans l’avoir choisie, plus une seconde par-dessus.
Payez-vous déjà l’IA sans l’avoir décidé ?
Très probablement, si vous êtes abonné chez Google ou chez Microsoft. Depuis le 15 janvier 2025, Google ne vend plus son IA, Gemini, en option. Elle est comprise dans ses abonnements pour les entreprises (Workspace Business et Enterprise), et le prix de base a augmenté de deux dollars par personne et par mois (Google annonce ses prix en dollars).
Microsoft a fait de même au 1er juillet 2026. Son IA, Copilot Chat, entre dans tous ses abonnements « Business », du moins cher (Basic) au plus complet (Premium). Les prix montent de 16 % sur la formule la moins chère (Microsoft 365 Business Basic), et de 17 % sur Microsoft 365 Apps, qui contient Word, Excel et PowerPoint sans la messagerie professionnelle.
Vous payez déjà Microsoft pour votre messagerie, Word ou Excel ? Vous gardez votre prix jusqu’au renouvellement. Voici donc la seule urgence de cet article : cherchez cette date. C’est le jour où la hausse s’appliquera, et le seul moment pour changer de formule sans rompre un engagement.
Combien de vos salariés s’en serviront vraiment ?
Moins que vous ne l’imaginez en signant. Le service d’études de la banque publique Bpifrance (Bpifrance Le Lab) a interrogé plus de 4 700 entreprises pour son 82e baromètre, paru le 13 janvier 2026.
Fin 2025, 55 % des TPE et PME, les très petites, petites et moyennes entreprises, disaient utiliser une IA comme ChatGPT, contre 31 % un an plus tôt. Mais seules 17 % des TPE et PME s’en servent régulièrement, et 37 % de temps en temps. Sur trois entreprises qui l’utilisent, deux ne s’en servent donc qu’à l’occasion.
Prenez une agence immobilière de Forcalquier, sept personnes. Deux négociatrices rédigent chaque jour des annonces et des comptes rendus de visite. Les cinq autres ouvrent l’outil quand elles y pensent. Sept abonnements payés, deux seulement qui valent leur prix.
On entend toujours la même objection : on ne va pas équiper deux personnes et laisser les autres de côté. Cette égalité-là coûte cher et n’apprend rien à personne. Deux abonnements pour les deux qui s’en servent chaque jour, une demi-journée de formation pour les autres : l’IA servira bien plus. C’est l’idée de notre guide former son équipe à l’IA quand on est cinq.
Par personne ou à la consommation : que faut-il choisir ?
Par personne pour un salarié, à la consommation pour un outil qui travaille seul. L’abonnement par personne se justifie pour quelqu’un qui écrit, trie et résume tous les jours. La dépense est fixe, donc elle se prévoit.
Le paiement à la consommation convient à un outil qui traite beaucoup de demandes sans personne derrière : un assistant qui répond ou trie à votre place, une tâche qui se fait toute seule. Mais la facture dérape si personne ne fixe de plafond.
Ce plafond n’est pas un luxe. L’assistant qui répond sur ce site, un outil que nous avons construit pour nous, a cinq plafonds de dépense : ils bloquent la dépense avant qu’elle ait lieu, pas après coup sur la facture.
Exigez un plafond de tout prestataire qui vous vend un tel outil, avec ce qu’il fait quand le plafond est atteint, écrit noir sur blanc.
Ce que coûte une question posée à une IA, en énergie et en euros, on l’a calculé sur notre calculateur en ligne, howmanyprompts.com. Notre article plus technique sur le coût réel d’une question posée à l’IA le détaille. Et notre guide comment se construit un budget IA sépare la dépense de départ de celle qui revient chaque mois.
La version gratuite suffit-elle ?
Pour faire le travail, souvent oui. Pour vos données, non, et c’est la vraie raison de payer.
Sur les offres pour les particuliers, la plupart des fournisseurs s’autorisent par défaut à réutiliser ce que vous tapez. Sur les offres pour les entreprises, c’est l’inverse. Notre guide sur la conservation des données compare chaque fournisseur, avec la date de mise à jour de ses règles.
Ce qui doit vous décider, c’est donc ce que le contrat dit de vos données, pas ce que l’outil sait faire. Un devis client, un contrat ou une fiche de paie collé dans une version gratuite peut être réutilisé par le fournisseur. L’abonnement économisé ne rattrape pas ce risque.
Faites donc deux tas, plutôt qu’une seule règle. En gratuit, ce qui ne contient aucune donnée sur vos clients ou vos salariés : reformuler une annonce, préparer une réunion. Le reste, avec une offre pour les entreprises. Ce qu’une TPE doit vérifier avant de se lancer tient en une page.
Reste le cas dont personne ne parle. Un couvreur de Riez sort six devis par semaine avec son logiciel de devis. Il n’a besoin d’aucun abonnement IA, ni gratuit ni payant. Le lui dire fait partie du conseil.
Comment faire le compte, cette semaine ?
En une heure, avec vos relevés bancaires des douze derniers mois. Reprenez chaque abonnement à un logiciel et notez quatre choses.
- Le montant sur un an. Un prix mensuel se juge mal : multipliez par douze avant de décider.
- La date de renouvellement. C’est votre seule occasion de renégocier.
- Qui s’en est servi la semaine dernière. Pas qui y a droit, pas qui l’a demandé.
- Ce que cet abonnement remplace. S’il ne remplace rien, il est en trop.
Ajoutez à la liste l’IA déjà comprise dans votre abonnement Microsoft ou Google. Vous la payez : essayez-la sérieusement avant d’acheter autre chose. Puis fixez une règle. Un nouvel abonnement n’entre que si un autre sort, ou si vous savez qui s’en servira chaque jour, et pour quoi faire.
Ce tri, chiffré et classé par priorité, est le premier geste de tout projet pour gagner du temps avec l’IA. Écrivez-nous avec la liste de vos abonnements : c’est le point de départ le plus rentable qu’on connaisse.
Sources
- Microsoft 365 pricing and packaging updatesMicrosoft Licensing Resources, mise à jour tarifaire applicable au 1er juillet 2026
- Introducing Microsoft 365 Business with CopilotMicrosoft 365 Blog, 28 mai 2026
- The future of AI-powered work for every businessGoogle Workspace Blog, 15 janvier 2025
- 82e baromètre semestriel de conjoncture auprès des TPE-PMEBpifrance Le Lab, 13 janvier 2026, plus de 4 700 entreprises interrogées
- Combien coûte vraiment un prompt d’IA (howmanyprompts.com)GHIS, calculateur conçu et développé en interne