Solutions et agents IA

Maintenant que l’IA écrit le code, faut-il faire développer son outil métier ?

La première version coûte moins cher qu’avant, la suite non. Ce qui décide n’a pas changé : ce que votre logiciel du marché ne sait pas faire, et le temps que vous passez à le contourner.

6 min de lecturePublié le

Qu’est-ce qui a vraiment baissé, et qu’est-ce qui n’a pas bougé ?

Écrire la première version d’un outil coûte moins cher qu’il y a trois ans. Le reste coûte autant qu’avant : comprendre votre métier, décider ce que l’outil ne fera pas, l’héberger, le corriger, le faire évoluer quand votre activité change.

Un outil interne utilisé tous les jours reste en service des années. Sur cette durée, la fabrication de la première version est un poste parmi d’autres, et rarement le plus lourd.

Le rapport DORA 2025 de Google Cloud mesure que 90 % des professionnels du développement utilisent l’IA au quotidien, et que 30 % d’entre eux lui accordent peu ou pas confiance. Sa conclusion tient en une idée : l’IA amplifie ce qui existe déjà dans une organisation, ses forces comme ses faiblesses. Un projet mal cadré va simplement plus vite dans le mur.

Votre logiciel du marché fait-il déjà le travail ?

Le plus souvent, oui. Le vérifier vous évite un projet entier, et c’est la première chose à faire.

Le Baromètre France Num 2025, mené par la Direction générale des Entreprises auprès de 11 021 entreprises, mesure que 88 % des TPE et PME utilisent déjà un logiciel de facturation, de comptabilité ou de caisse. Ces logiciels existent parce que le besoin est commun. Une équipe entière les maintient, les met à jour et les met en conformité à votre place.

La facturation électronique le montre bien. Au 1er septembre 2026, toute entreprise assujettie à la TVA doit pouvoir recevoir une facture au format électronique. Sur un logiciel du marché, c’est l’éditeur qui s’adapte. Sur un outil maison, c’est vous, à vos frais, à chaque réforme. Notre Focus sur ce qu’il faut automatiser à cette date détaille le calendrier.

Prenez un cabinet de trois personnes à Digne qui veut son propre logiciel de suivi client, parce que celui du marché « n’est pas adapté ». En regardant de près, il manque quatre champs et un export. Le bon conseil est de ne rien développer, de payer l’option chez l’éditeur et de garder l’argent pour autre chose. Dire cela fait partie du travail.

Quels signes montrent qu’un outil sur mesure devient justifié ?

Trois signaux comptent, et ils se mesurent en heures, pas en impressions.

  1. Un tableur tourne à côté du logiciel, et c’est lui qui fait foi. Le logiciel officiel sert d’archive, le travail réel se fait ailleurs.
  2. Une règle de votre métier n’entre dans aucune case. Une grille de tarifs saisonnière, un calcul de caution, une remise qui dépend du volume annuel.
  3. La même donnée est ressaisie dans deux outils. Comptez les fois par semaine, multipliez par le nombre de personnes concernées.

Un seul signal ne justifie rien. Les trois ensemble, chiffrés, oui. Prenez un loueur de matériel à Château-Arnoux qui coche les trois : trois cents références, deux grilles de prix selon la saison, des cautions à suivre, et un tableur partagé qui décide de tout. Aucun logiciel de location générique ne gère sa règle de tarif. Là, le développement se rembourse.

Ce que l’IA produit vite coûte-t-il moins cher à garder ?

Non, et c’est la mauvaise surprise du moment. GitClear a analysé 623 millions de modifications de code entre 2023 et 2026 : la duplication de blocs de code progresse de 81 %, les appels de fonctions entre fichiers reculent de 35 %, et les reprises de code reculent de 70 %.

Traduit pour un dirigeant : le code produit vite est du code recopié. Recopié signifie qu’une correction doit être faite à cinq endroits au lieu d’un. Vous ne voyez rien à la livraison, la démonstration fonctionne. Vous le payez à la première évolution, puis à toutes les suivantes.

Notre Repère sur les technologies du web en 2026 le dit côté atelier : l’IA déplace l’ingénierie vers la relecture et l’architecture, elle ne la supprime pas. Trois questions suffisent à trier les prestataires. Qui relit le code, et avec quels tests ? Où l’outil est-il hébergé, et qui paie cet hébergement dans deux ans ? Le code m’appartient-il, et me sera-t-il livré si nous arrêtons de travailler ensemble ? Une réponse floue à la troisième question doit vous faire arrêter là.

À quoi ressemble un projet honnête ?

Il commence sans code. On observe le processus réel pendant quelques jours, on note les contournements, on chiffre le temps perdu. Ensuite seulement on décide, et la décision peut être de ne rien construire.

Quand la décision est de construire, le sur mesure ne remplace pas vos outils : il les relie. C’est le principe de notre réalisation sur une prospection automatisée pilotée par un serveur MCP, où le développement sert de liaison entre des outils du marché déjà en place.

Nous appliquons la même règle à nos propres produits. Aucun logiciel ne croisait la concurrence, la population et les flux d’un quartier sur une carte, alors nous avons construit monemplacement.fr à partir de données publiques, pour les commerçants des Bouches-du-Rhône. Un outil sur mesure se justifie quand personne d’autre ne fait le travail, pas quand on veut sa propre version de ce qui existe.

Par quoi commencer cette semaine ?

Trois actions, dans cet ordre, avant toute demande de devis.

  1. Chiffrez le contournement. Notez pendant cinq jours le temps passé à ressaisir, corriger, retrouver. C’est le seul chiffre qui décide, et personne ne peut le produire à votre place.
  2. Appelez votre éditeur avant tout le monde. Une option, un module ou une connexion existe peut-être déjà. C’est toujours moins cher qu’un développement.
  3. Ne demandez pas un logiciel, demandez à régler un problème. Un cahier des charges qui décrit des écrans fige une solution avant de l’avoir comprise.

Si le contournement représente plusieurs heures par semaine et qu’aucun éditeur ne répond, le sujet relève des logiciels et applications métier. S’il s’agit plutôt de relier des outils existants, c’est de l’automatisation des processus, et notre Repère agent IA ou automatisation simple aide à trancher. Pour savoir comment se construit le budget, notre Focus sur le coût d’un projet IA dans une TPE le décompose poste par poste. Un audit IA sert à arbitrer, et vous pouvez nous écrire avec vos chiffres de contournement en main.

Sources

  1. Baromètre France Num 2025 : le numérique et l’intelligence artificielle dans les TPE et PMEDirection générale des Entreprises, septembre 2025
  2. Baromètre France Num 2025, rapport complet de l’enquêteDirection générale des Entreprises, 11 021 entreprises répondantes
  3. State of AI-assisted Software Development 2025DORA, Google Cloud, 2025
  4. The Maintainability Gap : 2026 AI Code Quality ResearchGitClear, 623 millions de modifications de code analysées entre 2023 et 2026
  5. Je passe à la facturation électroniqueDGFiP, impots.gouv.fr, 2026

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