Qu’est-ce qui a vraiment baissé, et qu’est-ce qui n’a pas bougé ?
Écrire la première version d’un outil coûte moins cher qu’il y a trois ans. Tout le reste coûte autant qu’avant. Comprendre votre métier, décider ce que l’outil ne fera pas, le faire tourner, le corriger, le faire évoluer avec votre activité.
Or un outil utilisé tous les jours sert des années. Sur cette durée, sa première version n’est qu’une dépense parmi d’autres, et rarement la plus lourde.
Le rapport DORA 2025 est une étude de Google Cloud sur les équipes qui fabriquent des logiciels. Selon lui, 90 % des professionnels du développement utilisent l’IA chaque jour. Mais 30 % d’entre eux lui font peu ou pas confiance. Sa conclusion : l’IA grossit ce qui existe déjà dans une entreprise, ses forces comme ses faiblesses. Un projet mal préparé va plus vite dans le mur.
Votre logiciel actuel fait-il déjà le travail ?
Le plus souvent, oui. Vérifiez-le en premier : cela peut vous éviter un projet entier.
Le Baromètre France Num 2025, mené par la Direction générale des Entreprises (ministère de l’Économie), a interrogé 11 021 entreprises. Résultat : 88 % des petites et moyennes entreprises (TPE et PME) utilisent déjà un logiciel de facturation, de comptabilité ou de caisse. Ces logiciels existent parce que le besoin est commun : une équipe entière les entretient et les met en règle à votre place.
La facture électronique le montre : depuis le 1er septembre 2026, toute entreprise assujettie à la TVA doit pouvoir en recevoir. Avec un logiciel vendu tout fait, c’est l’éditeur, l’entreprise qui le vend, qui s’adapte. Avec un outil maison, c’est vous, à vos frais, à chaque réforme.
Prenez un cabinet de trois personnes à Digne qui veut son propre logiciel de suivi client, parce que celui qu’il utilise « n’est pas adapté ». De près, il lui manque quatre cases à remplir et un moyen de sortir ses données. Le bon conseil : ne rien développer, payer l’option chez l’éditeur et garder l’argent pour autre chose. Dire cela fait partie du travail.
Quels signes montrent qu’un outil sur mesure se justifie ?
Trois signaux comptent, et ils se mesurent en heures, pas en impressions.
- Un tableur tourne à côté du logiciel, et c’est lui qui fait référence. Le logiciel officiel sert d’archive, le vrai travail se fait ailleurs.
- Une règle de votre métier n’entre dans aucune case. Une grille de tarifs selon la saison, un calcul de caution, une remise qui dépend du volume annuel.
- La même information est ressaisie dans deux outils. Comptez les fois par semaine, multipliez par le nombre de personnes concernées.
Un seul signal ne justifie rien. Les trois ensemble, chiffrés, oui.
Prenez un loueur de matériel à Château-Arnoux qui coche les trois. Il a trois cents références, deux grilles de prix selon la saison, des cautions à suivre, et un tableur partagé qui décide de tout. Aucun logiciel de location vendu tout fait ne gère sa règle de tarif. Là, le développement est rentable.
Ce que l’IA produit vite coûte-t-il moins cher à entretenir ?
Non, et c’est la mauvaise surprise du moment. GitClear, une société qui mesure la qualité du code, a analysé 623 millions de modifications de code entre 2023 et 2026.
Les blocs de code recopiés augmentent de 81 %. Les appels à du code déjà écrit, signe qu’on le réutilise, reculent de 35 %. Et les reprises de code, ce travail de rangement, reculent de 70 %.
En clair : le code produit vite est du code recopié. Et un code recopié doit être corrigé à cinq endroits au lieu d’un. À la livraison, vous ne voyez rien : la démonstration fonctionne. Vous le payez au premier changement, puis à tous les suivants.
Notre Repère sur les sites générés par IA le confirme. L’IA ne supprime pas le travail d’ingénieur : elle le déplace vers la relecture et le plan d’ensemble. Trois questions suffisent à trier les prestataires :
- Qui relit le code, et avec quels tests ?
- Où l’outil va-t-il tourner, et qui paiera pour cela dans deux ans ?
- Le code m’appartient-il, et me sera-t-il livré si nous arrêtons de travailler ensemble ?
Une réponse floue à la troisième ? Arrêtez-vous là.
À quoi ressemble un projet honnête ?
Il commence sans code. On observe pendant quelques jours comment le travail se fait vraiment, on note les contournements, on chiffre le temps perdu. Ensuite seulement on décide, et la décision peut être de ne rien construire.
Quand on construit, l’outil sur mesure ne remplace pas vos logiciels : il les relie. C’est le principe de notre réalisation pour un client, une prospection automatisée, de l’e-mail au rendez-vous.
Nous appliquons la même règle à nos propres produits. Aucun logiciel ne montrait sur une même carte la concurrence, la population et les déplacements dans un quartier. Nous avons donc construit monemplacement.fr à partir de données publiques, pour les commerçants des Bouches-du-Rhône. Un outil sur mesure se justifie quand personne d’autre ne fait le travail, pas quand on veut sa propre version de ce qui existe.
Par quoi commencer cette semaine ?
Trois actions, dans cet ordre, avant toute demande de devis.
- Chiffrez le temps perdu. Notez pendant cinq jours le temps passé à ressaisir, corriger, retrouver. C’est le seul chiffre qui décide, et personne ne peut le produire à votre place.
- Appelez votre éditeur avant tout le monde. Une option, un module en plus ou un branchement vers vos autres outils existe peut-être déjà. C’est toujours moins cher qu’un développement.
- Ne demandez pas un logiciel, demandez à régler un problème. Un cahier des charges qui décrit des écrans fige la réponse avant qu’on ait compris le problème.
Plusieurs heures perdues par semaine, et aucun logiciel tout fait ne règle le problème ? Voyez nos logiciels et applications métier. S’il s’agit de relier vos outils pour que des tâches se fassent toutes seules, c’est de l’automatisation. Notre Repère agent IA ou automatisation simple aide à trancher.
Notre Focus sur le coût d’un projet IA dans une TPE détaille le budget. Puis écrivez-nous avec le temps perdu que vous avez noté : c’est sur lui que tout se décide.
Sources
- Baromètre France Num 2025 : le numérique et l’intelligence artificielle dans les TPE et PMEDirection générale des Entreprises, septembre 2025
- Baromètre France Num 2025, rapport complet de l’enquêteDirection générale des Entreprises, 11 021 entreprises répondantes
- State of AI-assisted Software Development 2025DORA, Google Cloud, 2025
- The Maintainability Gap : 2026 AI Code Quality ResearchGitClear, 623 millions de modifications de code analysées entre 2023 et 2026
- Je passe à la facturation électroniqueDGFiP, impots.gouv.fr, 2026