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MCP et WebMCP : la prise universelle qui branche l’IA sur vos outils et vos sites

10 min de lecturePublié le

La réponse courte : une prise universelle pour l’IA

Il n’y a pas si longtemps, chaque téléphone avait son chargeur propriétaire, jusqu’à ce que l’USB-C remplace le tiroir à câbles. L’IA d’entreprise vivait le même problème : chaque agent devait être câblé à la main sur chaque outil, CRM, base de données, facturation, agenda.

MCP, pour Model Context Protocol, est la prise qui remplace ce bricolage : un protocole ouvert qui décrit comment un agent découvre les outils disponibles et les utilise. WebMCP en est le prolongement dans le navigateur : la page web elle-même tend la prise à l’agent.

Ce Repère explique les deux, ce qu’ils changent pour une entreprise, et comment nous les mettons au travail sur les sites que nous construisons, celui-ci compris.

D’où vient MCP, et pourquoi tout le monde l’a adopté ?

MCP est né chez Anthropic, le laboratoire derrière Claude, qui l’a publié en novembre 2024 comme standard ouvert. Le pari : personne ne gagne à réinventer le câblage, tout le monde gagne à partager la prise.

L’adoption a été inhabituellement rapide pour un standard technique : OpenAI l’a adopté en mars 2025, Google en avril 2025. Puis, en décembre 2025, Anthropic a confié le protocole à l’Agentic AI Foundation, sous l’égide de la Linux Foundation, avec OpenAI et Block comme cofondateurs et AWS, Google, Microsoft, Cloudflare et Bloomberg en soutien.

Autrement dit : la prise n’appartient plus à un seul constructeur, elle appartient à tout le monde. C’est précisément ce qui autorise une entreprise à construire dessus sans craindre le rachat ou l’abandon.

Nombre de serveurs MCP actifs recensés un an après la publication du protocole, avec 97 millions de téléchargements mensuels pour ses kits de développement : l’un des projets open source d’IA à la croissance la plus rapide. Un serveur MCP est un connecteur : chacun branche les agents sur un outil ou un service différent.

Source : Anthropic, décembre 2025

La raison profonde de ce succès est arithmétique. Sans standard, brancher M agents sur N outils demande M multiplié par N intégrations sur mesure ; avec une prise commune, chacun n’implémente que son côté, soit M plus N.

Ce que la prise standard remplace
SANS STANDARD : 3 × 4 = 12 CÂBLAGESAgent 1Agent 2Agent 3CRMBaseFacturesAgendaAVEC MCP : 3 + 4 = 7 PRISESAgent 1Agent 2Agent 3MCPCRMBaseFacturesAgenda

À gauche, le monde d’avant : chaque agent est câblé à la main sur chaque outil, et chaque câble est un développement à écrire puis à maintenir. À droite, MCP : chaque agent et chaque outil implémentent une seule fois la prise commune. Le carré central figure le protocole partagé, pas un boîtier : chaque agent parle directement à chaque connecteur.

Concrètement, que branche-t-on avec MCP ?

Un serveur MCP est un connecteur qui déclare des outils : des actions nommées, décrites, avec leurs paramètres. L’agent lit ce catalogue, choisit l’outil adapté à sa tâche, l’appelle, et reçoit un résultat structuré.

Pour les lecteurs techniques : le protocole définit aussi des ressources (des données que l’agent peut lire, un fichier, une fiche client) et des prompts (des modèles de tâches prêts à l’emploi). Le tout circule en JSON-RPC, en local ou à travers le réseau.

Pour une PME, les branchements utiles sont très concrets :

  • chercher un client dans le CRM avant de répondre à sa demande ;
  • créer un devis dans l’outil de facturation, à partir d’un e-mail reçu ;
  • lire l’état d’un stock ou d’une commande, sans ouvrir le logiciel ;
  • poser un rendez-vous dans l’agenda, au créneau réellement libre.

Chaque action devient un outil que l’agent sait utiliser proprement, au lieu d’imiter un humain qui clique.

Le point que les dirigeants retiennent le plus souvent : on n’expose que ce qu’on déclare. Un serveur MCP n’est pas une porte ouverte sur le système, c’est une liste fermée d’actions autorisées, avec authentification et journal ; les garde-fous de notre Repère sur le choix entre agent et automatisation s’y appliquent tels quels.

WebMCP : quand c’est la page web qui tend la prise

MCP branche les agents en coulisses, de serveur à serveur. Restait un angle mort : le navigateur, où les agents en sont réduits à regarder la page comme un humain et à deviner où cliquer, méthode lente et fragile.

WebMCP attaque ce point : la page web déclare elle-même ses actions à l’agent, par le même vocabulaire d’outils que MCP. Réserver, chercher, filtrer, poser une question : l’agent lit la liste, appelle l’action, et la page répond en données structurées.

Techniquement, la page enregistre ses outils en JavaScript, chacun décrit par un schéma de données, via une interface du navigateur nommée modelContext. C’est le même vocabulaire que MCP, porté par la page au lieu d’un serveur.

Sur le calendrier, soyons précis : WebMCP n’est pas un standard terminé, ni même engagé sur la voie officielle de normalisation. C’est une proposition portée par Google et Microsoft au sein d’un groupe communautaire du W3C, dont le brouillon évolue en continu depuis mi-2026, et que Chrome teste en conditions réelles depuis sa version 149. La direction est claire, l’interface exacte bouge encore.

Deux étages pour la même prise
DANS LE NAVIGATEUR : WEBMCPLa page déclare :réserverchercherquestionnerAgent IAdans le navigateurdéclareappelleEN COULISSES : MCPAgent IAcôté serveurServeur MCPCRMBaseFactures

En bas, MCP : l’agent du propriétaire se branche en coulisses sur les systèmes du site, par des serveurs connecteurs. En haut, WebMCP : dans le navigateur, la page déclare ses actions et l’agent du visiteur les appelle directement, sans deviner où cliquer.

Ce que GHIS! en fait sur les sites qu’il construit

Chez nous, ces deux étages ne sont pas une veille technologique, ce sont des choix de construction, et chacun sert un public différent. Les sites que nous livrons peuvent s’équiper des deux prises.

MCP, pour vous qui administrez le site. Le backend peut exposer ses actions à votre propre agent : mettre à jour un contenu, consulter les demandes reçues, suivre les commandes, lire les données métier. Vous pilotez votre site en langage naturel, dans un périmètre borné, authentifié et journalisé.

WebMCP, pour vos visiteurs. Les pages peuvent déclarer leurs actions, réserver, demander un devis, chercher un produit, aux agents qui accompagnent vos clients, dès maintenant dans le cadre de l’essai public de Chrome. Votre site ne se contente plus d’être lu par les IA : il devient utilisable par elles.

Ce que ça veut dire pour vous

Si vos clients commencent à demander à leur assistant IA de trouver un prestataire, de comparer des offres ou de prendre rendez-vous, la question n’est plus « faut-il un beau site » mais « votre site sait-il répondre à un agent ». Un site muet pour les agents risque de sortir des circuits de décision.

La marche à suivre est graduelle, et c’est sa force. D’abord un site à la structure propre, au contenu extractible : c’est l’objet de notre travail de visibilité dans les moteurs et les IA.

Ensuite des actions exposées en MCP là où elles créent de la valeur, avec des agents bornés et journalisés. Et si WebMCP se stabilise, les sites bien construits n’auront qu’à tendre la prise.

Questions fréquentes

Un protocole ouvert et standard qui décrit comment un agent IA découvre et utilise des outils externes : lire une base de données, créer une facture, interroger un CRM. Une seule prise à implémenter de chaque côté, au lieu d’une intégration sur mesure par couple agent-outil.

MCP branche un agent sur des serveurs, en coulisses : c’est la connexion aux systèmes d’une entreprise. WebMCP porte la même idée dans le navigateur : c’est la page web elle-même qui déclare ses actions à un agent, au lieu de le laisser deviner où cliquer. Le premier est un standard installé ; le second une proposition portée par Google et Microsoft dans un groupe communautaire du W3C, pas encore engagée sur la voie officielle de standardisation.

Pas si l’ouverture est dessinée : un serveur MCP n’expose que les outils qu’on y déclare, avec authentification et journal des appels. Le risque restant, connu et documenté, est le détournement de l’agent par un contenu piégé qu’il lirait en route : c’est pour cela qu’on borne strictement les actions d’écriture et qu’on garde un humain sur les opérations sensibles. Une porte avec serrure et registre, pas un mur qu’on abat.

Le standard n’est pas finalisé, mais la direction est claire et soutenue par Google et Microsoft. Le bon calcul : un site à la structure propre et au contenu lisible par les machines aujourd’hui, prêt à déclarer ses actions demain. C’est déjà la façon dont nous construisons les sites que nous livrons.

Sources

  1. Introducing the Model Context ProtocolAnthropic, novembre 2024
  2. Donating the Model Context Protocol and establishing the Agentic AI FoundationAnthropic, décembre 2025
  3. MCP joins the Agentic AI FoundationModel Context Protocol, décembre 2025
  4. Linux Foundation Announces the Formation of the Agentic AI FoundationLinux Foundation, décembre 2025
  5. OpenAI Agents SDK : Model Context ProtocolOpenAI, 2025
  6. Annonce du support MCP dans GeminiDemis Hassabis (Google DeepMind), avril 2025
  7. WebMCP, Draft Community Group ReportW3C Web Machine Learning Community Group, consulté en août 2026
  8. WebMCP : proposition et explications techniquesW3C Web Machine Learning Community Group (Google, Microsoft)

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